portrait
PLEINE LUNE

Présentation des pièces et compositeurs
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Antonio SALIERI (1750 - 1825)
Huit préludes (*)
Ces huit pièces sont initialement composées pour fanfare de deux à huit trompettes et timbales. Le titre original est 8 Aufzüge für 2-8 Trompeten und Pauken. L'adaptation pour batterie-fanfare est orientée sur les instruments de cavalerie, en une seule tonalité. La formation est donc la suivante : 8 trompettes en « double choeur », 2/4 cors, 1 trompette basse, 1 tuba et timbales. Le « double choeur » signifie que les trompettes sont divisées en deux groupes de 4 musiciens se répondant. La difficulté de cette adaptation réside surtout dans la tessiture. En effet, les instruments de cavalerie étant accordés plus « aigus » que les trompettes anciennes, il résulte que le jeu est très tendu.
Une petite particularité : le deuxième prélude a été enregistré à quatre cors.

Luigi CHERUBINI (1760 - 1842)
Pas redoublé et marche (**)
Ces deux petites pièces sont extraites de 6 pas redoublés et 2 marches pour régiment prussien, pour trompette, trois cors et trombone. Il faut noter que la formation originale compte des instruments sans système, à l'exception du trombone à coulisse. Cependant, les trois cors usaient déjà de la technique des « sons bouchés » et la trompette principale était « courbe », de manière à ce que l'instrumentiste puisse boucher le pavillon et obtenir quelques chromatismes. Dans cette adaptation que nous devons à Jean-Philippe Souchon, l'instrumentation est la suivante : cor, trompette, clairon basse, trompette basse, saxhorn et tuba. Il faut noter que Joël Lahens joue sur la copie d'une trompette naturelle de Joseph RAOUX de 1800, offerte par "le premier consul au citoyen Kretly pour s'être distingué à la bataille de Marengo" (inscription gravée sur l'instrument). L'instrument original se trouve au Musée du Conservatoire, ; Auguste Dauverné l'utilisa dans l'orchestre de l'Opéra et à la Société des concerts. Cette copie est réalisée par Patrick Fraize, facteur d'instrument à Saint Eloy de Gy (Cher). Vincent Puech, corniste, joue quant à lui sur un instrument original datant probablement de la fin du XIXe siècle, fabriqué par « Martin Fils Ainé » à Toulouse. Comme on le devine, «Martin père» était également facteur d'instrument, installé à Paris.

Jean-Jacques CHARLES
Désenclave - « petit hommage à une certaine musique française »
Trompette : Paul Lepicard
Piano : Emmanuelle Bartoli
Le sous-titre de cette composition en trois mouvements pour piano et trompette de cavalerie cache quelques allusions.
En effet, la toute première phrase du premier mouvement n'est autre qu'un emprunt à Alfred Désenclos, plus précisément Incantation, Thrène et Danse pour trompette et orchestre. On comprendra le clin d'oeil adressé à ce compositeur français dans le titre lui-même. Le deuxième mouvement rend hommage à Henri Tomasi, avec le « blues » de son concerto pour trombone. Quant au troisième mouvement, son caractère évoque celui d'un Jean Françaix ou d'un Francis Poulenc. Désenclave, au-delà de la ressemblance phonique avec Désenclos, tend à signifier que la trompette de cavalerie n'est sans doute pas réservée à un répertoire purement militaire, même si elle y excelle, et que sa gamme restreinte n'empêche en rien l'usage d'un vocabulaire musical des plus contemporains.

Jean-Jacques CHARLES
Suite pour batterie-fanfare
I- Songe II -Récitatif III- Mouvance
Ces trois mouvements formant une suite sont de trois caractères et géométries différents. Songe revêt la forme du choral, avec un emprunt à Praetorius (1571-1621) dans ses mesures conclusives. Récitatif ouvre un dialogue en forme d'écho entre deux trompettes. Mouvance mêle des accents très rythmés et cuivrés, puis s'adoucit en une danse au mouvement asymétrique.

Jean-Jacques CHARLES
Ornicar
Cor des Alpes : Pierre-Jean Villard
Ornicar est une commande de création de la Batterie Fanfare de Cournon d'Auvergne, formation d'amateurs avertis.
Tout comme les instruments d'ordonnance, le cor des alpes est issu d'une longue tradition. On peut le ranger dans la catégorie des cuivres quant à utilisation de l'embouchure commune à cette famille instrumentale, bien qu'il soit fabriqué en bois. Originellement, le répertoire du Cor des Alpes est voué aux mélodies folkloriques helvétiques. Dans cette composition, la porte est largement ouverte à la musique contemporaine, sans complexe !

Didier GORET
Sous les cuivres de ta peau
Danse interrompue
Une composition est parfois une affaire de rencontre. C'est le cas pour ces deux pièces. Didier Goret, pianiste et compositeur de talent, a écrit spécifiquement pour la Batterie Fanfare de la Musique des Gardiens de la Paix ces deux pièces, sur la suggestion d'Yves Prutot, trompettiste au sein de la formation. Didier Goret a immédiatement assimilé les particularités des instruments d'ordonnance, à la gamme restreinte, et en a tiré un langage musical extrêmement fouillé, aux harmonies ambitieuses. Ces deux pièces représentent une très grande et bonne surprise et ouvrent de réelles voies dans l'évolution du répertoire.

Jean-Jacques CHARLES
Le temple
Clairon : Francis Bouilly
Trompette : Pascal Sénéchal
Les pièces solistes ne sont pas très courantes dans le répertoire de la batterie fanfare. En mêlant les deux instruments d'ordonnance des deux grandes traditions militaires (la cavalerie et l'infanterie), Jean-Jacques Charles instaure un dialogue entre les deux tonalités des instruments. Les sonorités de ces deux « confrères » sont aussi différentes que complémentaires. Le timbre brillant de la trompette de cavalerie et celui plus doux du clairon forment un duo lyrique qu'on pourrait assimiler à deux voix féminines, chacune ayant son caractère.

Lionel RIVIERE
Pleine lune
Excellente surprise parmi les oeuvres de cet album, Pleine Lune méritait de donner son nom à cette publication discographique. Lionel Rivière, corniste, professeur au Conservatoire de Musique de Compiègne, est également directeur de la batterie-fanfare de cette même ville de l'Oise. C'est à l'âge de 17 ans qu'il composa cette pièce extrêmement poétique. Faisant usage d'effets sonores tels que le souffle dans les instruments afin d'imiter le bruit du vent ou des « sons bouchés » au pupitre des cors, le caractère de cette pièce est très troublant, faisant usage d'une extrême douceur et d'une extrême force. Toute la palette des sonorités des cuivres et des percussions est largement exploitée.

Jean-Jacques CHARLES
Le cuir et la corde
Tout comme Ornicar, cette composition est issue d'une commande de création de la batterie-fanfare de Cournon d'Auvergne, dont le souhait était de mettre en usage l'éventail instrumental le plus large, s'agissant notamment des percussions. Neuf instrumentistes sont donc requis à ce pupitre. Cette fresque musicale est inspirée de sonorités africaines, son titre renvoie à l'usage des matériaux simples utilisés à la fabrication des percussions ethniques.

Coup d'souffle
Toutes les tendances musicales et toutes les époques ont trouvé grâce aux oreilles des compositeurs pour batterie fanfare, le jazz en fait très largement partie. Coup d'souffle est un hommage à Miles Davis (1926 - 1991), plus particulièrement le titre Tutu qui a donné son nom à l'album paru en 1986 et dont toutes les compositions sont de Marcus Miller.

Ben alors ?
Tuba : Jérémie Dufort
Trompette : Yves Prutot
Cette composition est née dans un contexte tout à fait particulier puisqu'il s'agissait d’un exercice de style dans le cadre d'un stage que donnait Jean-Jacques Charles, à l'attention de quelques directeurs de batterie fanfare. Prétexte à l'improvisation, le thème en est simple et court, afin de rapidement laisser la parole au tuba véloce de Jérémie Dufort et à la trompette étonnante d'Yves Prutot.

Georges GERSHWIN (1898 - 1937)
They can't take that away from me (*)
Trompette : Yves Prutot
On connaît surtout de Georges Gerswhin ses fameuses pièces symphoniques, telles que Rapsody In Blue ou An American in Paris. On sait moins en revanche qu'avant d'être des pièces de concert, la plupart de ces grands succès ont été portés à l'écran ou sur scène. On en oublierait presque que les paroles de ces comédies musicales étaient de la plume d'Ira Gershwin, son frère. Composée en 1937, They can't take that away from me est l'une des chansons du film Shall We Dance, interprétée par Fred Astaire pour la magnifique Ginger Rogers, sur le pont embrumé du Ferry qui relie New Jersey à Manhattan. Reprise par de très nombreux artistes, dont Franck Sinatra, cette version pour trompette de cavalerie montre une fois de plus le jeu inimitable d'Yves Prutot.

(*) arrangement et adaptation Jean-Jacques CHARLES
(**) arrangement et adaptation Jean-Philippe SOUCHON

Album produit par L’AMICALE DE LA MUSIQUE DES GARDIENS DE LA PAIX